Ecole à la maison, de moins en moins possible ?

Tous égaux dès 3 ans

Il y a du nouveau dans le projet de loi pour l’école : la tendance qui consiste à écarter les familles de l’éducation de leurs enfants se confirme. 

Première innovation déjà annoncée l’année dernière, l’éducation maternelle  républicaine dès l’âge de 3 ans deviendrait  obligatoire au nom de la réduction des inégalités sociales. Donc si on lit bien l’obligation de scolarité auprès des familles qui ne scolarisaient pas leur enfant dès la petite section participe à la « justice sociale ». 

Autrement dit les parents qui ne scolarisaient pas leurs enfants dès 3 ans créent un handicap pour l’insertion sociale de leur enfant. Visiblement le discours des sociaux sur ce point a été entendu. Mais a aussi été entendu le discours selon lequel certains enfants venus de « milieux favorisés » apprenaient à lire avant la primaire, il faut conséquemment mettre tout les marmots au même niveau par la vertu de l’obligation républicaine.

Le droit d’instruction contre la liberté de l’enseignement  

Pour autant et cela n’allait pas sans dire, ce projet de loi ne remet pas en cause la liberté d’enseignement, non, mais il le restreint encore davantage puisque : « le droit d’instruction dispensée en famille doit néanmoins s’exercer dans un cadre commun à l’ensemble des familles qui choisissent l’instruction à domicile. Il est en effet du devoir de la République de veiller à ce que tous les enfants reçoivent une instruction conforme à ces principes »xavier-cluses2-02-70

Autrement dit l’État (la république ça passe mieux ?) va déterminer plus encore qu’autrefois ce que nous avons le droit d’enseigner à nos enfants en définissant des objectifs pédagogiques d’État (oups de la répu…) que les autorités académiques vérifieront au domicile des parents.

Ah non pas au domicile des  parents, ni de la famille, car selon le projet de loi il faut dire maintenant « les personnes responsables de l’enfant », c’est plus loi Taubira :

« Au cinquième alinéa, les mots : « la famille » sont remplacés par les mots : « les personnes responsables de l’enfant » » Non c’est pas une blague, c’est inscrit ici en page 18.

Rappelons les objectifs pédagogiques imposés aux écoles et aux « personnes responsables de l’enfant » tels que  fixés par l’article L131-1-1du Code de l’éducation :  « Le droit de l’enfant à l’instruction a pour objet de lui garantir, d’une part, l’acquisition des instruments fondamentaux du savoir, des connaissances de base, des éléments de la culture générale et, selon les choix, de la formation professionnelle et technique et, d’autre part, l’éducation lui permettant de développer sa personnalité, son sens moral et son esprit critique d’élever son niveau de formation initiale et continue, de s’insérer dans la vie sociale et professionnelle, de partager les valeurs de la République et d’exercer sa citoyenneté. »

Le pouvoir d’appréciation de l’inspection

Toute la question est ici de savoir comment un inspecteur jugera du sens critique, du sens moral et de la personnalité d’un enfant qui n’est pas passé par son moule ?  Que dira-t-il de son insertion dans la vie sociale, sachant que la tarte à la crème est de prétendre que les enfants ainsi éduqués sont prétendument coupés des autres gamins. Que dira-t-il du partage des valeurs de la république et de la citoyenneté quand les parents ne pensent pas comme lui ?

Pour une meilleure insertion dans la vie sociale, on peut penser qu’il serait bon de faire l’école à d’autres enfants en plus du sien, Mais que dit la loi ? Que l’instruction ne doit être dispensée que pour les enfants d’une seule famille. Et vlan pour la sociabilité.

L’inspecteur risque donc de ne pas être content de sa visite si il rencontre des vilains parents contestataires cédifiens mettant en cause les sévices publics. Bah oui, on aura compris le droit à l’arbitraire dont disposent des inspecteurs dont les options politiques sont en général très à gauche et opposées par principes au droit des parents à éduquer eux-mêmes leurs enfants au profit de « l’éducation nationale ».

L’ASE n’est pas loin

Dans ce cas « les résultats du contrôle sont notifiés aux personnes responsables de l’enfant » et si ces résultats ne sont pas validés, comme pour le contrôle technique automobile, une contre-visite est prévue avec un petit mot aimable de ce type : «Le fait, par les parents d’un enfant ou toute personne exerçant à son égard l’autorité parentale ou une autorité de fait de façon continue, de ne pas l’inscrire dans un établissement d’enseignement, sans excuse valable, en dépit d’une mise en demeure de l’autorité de l’Etat compétente en matière d’éducation, est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende. » 

Si la contre-visite n’est pas bonne alors mise en demeure de scolarisation dans les 15 jours.  Même sanction donc que pour un refus de contrôle

Enfin le volet coercitif n’est pas loin car deux refus de contrôle imposent une scolarisation à défaut on sait ce qu’il adviendra de l’enfant devant la justice des mineurs.

Eh oui, à l’heure de l’éducation 2.0, des sites, forums, MOOC, ils en sont encore à l’école présentielle des hussards noirs du bourrage de crâne.  

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créer un nouveau site sur WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :